18 minutes, la durée optimale d'une présentation ?

Si vous connaissez les conférences TED et TEDx, vous avez probablement entendu parler de la règle des 18 minutes : les présentations doivent respecter une règle stricte, ne pas dépasser 18 minutes. Tout le monde s’y plie, du présentateur inconnu aux plus grandes célébrités.

Mais pourquoi 18 minutes ? Pourquoi pas 10, 20 ou 30 minutes ? En réalité la règle des 18 minutes maximum pour une présentation ne repose sur aucune étude scientifique. Il s’agit juste de la durée maximum que le fondateur de TED a choisi par préférence personnelle.

Et dans la pratique ? Dans bien des cas 18 minutes c’est déjà long pour une présentation au format TEDx. Les meilleures présentations sont souvent plus courtes, entre 10 et 15 minutes, car les présentateurs ont souvent mieux synthétisé et simplifié leur message.

Le mieux est de prendre le temps de 18 minutes comme un temps maximal à ne pas dépasser, mais si possible de faire plus court. Il vaut bien mieux avoir un contenu excellent de 7 minutes qu’un contenu moyen de 18 minutes.

VMware vs Hyper-V : qui gagne ?

VMware et Hyper-V c’est un peu la même chose si l’on se place d’un côté général, il faut l’avouer. Toutefois nous avons cherché à pousser les limites de chacun des deux afin de mieux comprendre ce qui les différencier, ce qui permettait à l’un de se démarquer de l’autre, et de l’emporter à quelques détails … Continuer la lecture de VMware vs Hyper-V : qui gagne ?

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7 ans avec la disposition clavier BÉPO

Connaissez-vous le BÉPO ? C’est une disposition de clavier optimisée pour le français proposée comme alternative au bon vieux AZERTY. Voilà à quoi ressemble la disposition des touches sur un clavier BÉPO (image appartenant à https://bepo.fr) :

Disposition clavier BÉPO

J’ai découvert le BÉPO il y a environ 7 ans. À l’époque j’avais des douleurs dans les articulations des mains à force d’utiliser des souris et des claviers d’ordinateurs tous les jours. Aujourd’hui je tape encore du texte tous les jours, mais je n’ai plus de douleurs. Pourtant je n’ai pas changé de clavier (un clavier standard Apple), je tape toujours autant et je n’ai pas rajeuni, donc ces trois paramètres peuvent être éliminés. J’attribue donc la disparition des douleurs en partie à l’utilisation du BÉPO1. Pourquoi ? Parce que la position des touches a été optimisées statistiquement pour limiter le mouvement des doigts lorsqu’on écrit en langue française. Ainsi en BÉPO deux frappes de touches sur trois se font sur les touches de la ligne de repos (celle ou les doigts se reposent par défaut). Sur AZERTY, c’est seulement une frappe sur cinq ! Et qui dit moins de mouvements dit moins de stress pour les articulations et les tendons des mains.

Les avantages du BÉPO

Je suis très heureux d’être passé au BÉPO, et ce pour plusieurs raisons.

  • Moins de douleurs car moins de mouvements de doigts. C’est pour moi l’avantage principal de cette disposition.
  • Une vitesse de frappe en théorie plus rapide. Je dis en théorie, car personnellement je tapais déjà très vite en AZERTY et ma vitesse en BÉPO est similaire mais pas plus rapide.
  • Un accès à la typographie française amélioré : les majuscules accentuées, par exemple, sont accessibles très facilement, contrairement à l’AZERTY. L’accès à certaines subtilités typographiques telles que l’espace insécable, l’espace fine insécable et les guillemets français sont également bien plus simples.
  • Un accès à toutes les langues européennes. Il est parfaitement possible de taper simplement en anglais ou en espagnol en utilisant la disposition BÉPO (même si évidemment l’optimisation de la disposition des caractères disparaît).

Les problèmes du BÉPO

Tout n’est pas rose dans l’utilisation du BÉPO. Je liste ici les inconvénients majeurs.

  • Le problème principal est la courbe d’apprentissage, très raide. Il m’a fallu plusieurs années pour remplacer les réflexes acquis pendant des années sur AZERTY et me sentir totalement à l’aise sur BÉPO. Les premières semaines, je n’arrivais péniblement qu’à taper quelques mots par minute !
  • Aucun appareil n’est vendu avec la possibilité d’avoir le clavier BÉPO au lieu de l’AZERTY. Il existe des claviers externes BÉPO et des autocollants à placer sur les touches, mais la meilleure solution consiste simplement à apprendre la disposition BÉPO par cœur. J’ai tapé cet article sur un clavier Mac AZERTY configuré en BÉPO
  • Le BÉPO marche bien sur les ordinateurs, mais son support sur les smartphones et les tablettes reste très perfectible. La faute en particulier à certains fabricants comme Apple qui limitent fortement les possibilités d’extension.
  • Les raccourcis clavier BÉPO sont difficiles à mémoriser, et moins bien organisés. Par exemple, les touches couper, copier et coller sont côte à côte en AZERTY mais elles sont éparpillées partout sur le clavier en BÉPO.
  • Certains logiciels, en particulier les jeux, ne fonctionnent pas en BÉPO, ce qui peut causer une grosse confusion pour l’utilisateur.

La compatibilité du BÉPO

Le site officiel BÉPO est très bien fait et explique tous les détails. Je me contenterai juste de mentionner que la disposition BÉPO est disponible sur Mac, Windows, Linux et Android. Elle est également supportée sur iPhone et iPad grâce au travail de Gauthier Diependalle, mais sujette aux limites imposées par Apple (en particulier il est impossible d’utiliser un clavier externe avec la disposition BÉPO, ce que je trouve très frustrant).

En conclusion…

Vous avez des douleurs récurrentes dans les mains et les avant-bras liées à l’utilisation du clavier AZERTY et vous avez beaucoup de patience ? Ou vous n’avez pas encore appris a taper à dix doigts et voulez en profiter pour apprendre une disposition optimisée ? Alors je vous recommande d’essayer le BÉPO.

Si par contre vous ne tapez pas beaucoup de texte sur ordinateur, si vous utilisez principalement une tablette ou un smartphone, ou si vous êtes déjà très rapide en AZERTY, il n’est probablement pas très sage d’investir beaucoup de temps dans l’apprentissage du BÉPO.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site officiel BÉPO


  1. Et aussi à l’utilisation simultanée d’une souris et d’une tablette Wacom, mais ça ce sera pour un autre article. [return]

Le petit truc qui me manque dans l'Apple d'aujourd'hui

La cote d’amour d’Apple n’est plus aussi élevée qu’avant. Moi-même, je me surprends à accueillir avec une relative indifférence les annonces de nouvelles machines.

Pourtant à part le départ de Steve Jobs, rien n’a changé. Le marketing Apple est toujours le même : l’utilisation de personnages célèbres, de textes légèrement pompeux ne date pas d’hier. Les prix élitistes, voire délirants, sont une tradition ; quelle gamme Mac démarrait à 5500 Dollars ? Le Mac II en 1987. Les prises de décision comme retirer la sortie casque ou passer au tout USB C sont une vieille habitude. Et les Mac ont toujours eu, à prix égal, des performances brutes moins élevées qu’un PC équivalent. Et qu’on ne vienne pas me dire que la qualité Apple a baissé. Mon Apple //c est tombé deux fois en panne (OK, je suis coupable pour une des pannes), mon Mac SE 2 fois également, et mon G4 Cube avait un disque dur si bruyant que le silence promis par l’absence de ventilateur était inaudible ! Et à l’époque, la machine partait en service après-vente pour 2 mois (!) avant de revenir avec une facture délirante.

Mais alors, si tout est pareil, si Apple n’a pas changé, pourquoi est-ce que la recette ne fonctionne plus aussi bien qu’avant ? Pourquoi tant de grogne partout sur internet ?

Alors, c’est que quelque chose d’autre est cassé. Mais quoi ? C’est la vision. Autrement dit la capacité d’imposer la direction à suivre à l’industrie High Tech. Si on y repense, Apple n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle montre la voie : avec l’Apple ][, avec le Mac, avec l’iPod, l’iPhone, même l’iPad et l’Apple Watch. Et jamais aussi faible que lorsqu’elle n’a pas de vision claire. Le seul produit qui fait un peu exception à cette règle, à mon humble avis, est le Newton : excellente vision (si, si !), mais trop peu réaliste par rapport aux possibilités technologiques de l’époque.

Une entreprise comme Tesla a une vision forte de l’avenir, alors que l’Apple de début 2017 ne propose rien de bien concret. Même Microsoft, avec Satya Nadella, a réussi à proposer une vision claire, ce qui manquait sous l’ère Ballmer.

Sans cette vision, difficile de savoir dans quelle direction innover. Sans cette vision, difficile de justifier des marges élevées pour des produits peu différents des concurrents. Sans cette vision, difficile d’attirer les esprits les plus brillants. Et donc difficile de concevoir les meilleurs produits, ce qui reste le cœur de métier d’Apple.

Comment vaincre sa peur de parler en public, partie 3 - Faire le choix de grandir

Le premier article de cette série explique pourquoi nous avons peur lorsque nous parlons en public. Le deuxième article nous a appris à démasquer et accepter les artifices que notre Ego met en œuvre face à cette peur. Cette partie aura beaucoup plus de sens si vous lisez ces deux articles avant.

C’est donc notre Ego qui est à l’origine de notre peur de parler en public. Et ce sont les artifices qu’il met en œuvre pour se protéger qui nous empêchent d’être à l’aise sur scène et de bien présenter. Maintenant il est temps d’apprendre à changer notre relation avec notre Ego. Pour cela nous allons utiliser des techniques très proches de celles utilisées par les sportifs de haut niveau pour se préparer mentalement à faire face aux grands événements, mais adaptées pour la prise de parole en public.

Faire le choix de grandir

Le plus difficile maintenant, et ce qui va conditionner votre capacité ou non à vaincre votre peur de parler en public, est le choix suivant : voulez-vous continuer à préserver votre Ego, ou voulez-vous grandir ?

Préserver son Ego, c’est accepter de focaliser son énergie et son attention sur ses mécanismes de défense, les artifices. C’est préférer préserver l’image que nous nous faisons de nous-mêmes au détriment du public et de la présentation.

Grandir, c’est arrêter de se faire dicter sa conduite par son Ego. C’est accepter que nous présentons non pas pour paraître intelligent (égoïste, tourné vers soi-même), mais parce que nous avons un message à communiquer (généreux, tourné vers le public).

Pour confirmer que vous acceptez de présenter pour grandir, écrivez sur une feuille de papier ce qui est le plus important pour vous :

Ce qui est important pour moi lors de ma présentation c’est de : ……………………………………………………

Des phrases qui montrent que vous vous focalisez sur le message sont par exemple :

  • clairement expliquer les bénéfices de mon service,
  • montrer le côté unique de mon produit,
  • démontrer la relation entre tabagisme et cancer.

Des phrases qui montrent que vous vous focalisez sur votre Ego sont par exemple :

  • impressionner mon public,
  • être le meilleur présentateur de la soirée,
  • m’exprimer clairement,
  • ne pas avoir l’air ridicule.

Faites également attention de formuler un objectif, concret, qui soit sous votre contrôle, un objectif qui découle directement de vos actions. Par exemple, même si c’est difficile à admettre, vous n’avez pas de contrôle direct sur un objectif tel que « faire la meilleure soutenance orale », puisque par définition vous n’avez pas de contrôle sur les présentations des compétiteurs. De plus « meilleur » est trop vague comme critère. Par contre vous avez un contrôle sur un objectif tel que « présenter à mon client les avantages uniques de ma solution ».

Même dans les situations où vous bénéficiez directement d’une présentation réussie (entretien d’embauche, réunion importante pour votre carrière, présentation de vente, …), ce n’est pas sur vous que vous devez mettre l’accent (ce qui va suractiver les mécanismes de défense de votre Ego), mais sur le message à communiquer. Tout comme on ne gagne pas match de tennis en se voyant sur le podium (nous gaspillons notre énergie en nous focalisant sur une image idéale créée par notre Ego) mais bien en se focalisant sur la balle. Tout comme pour ce match de tennis, c’est en nous focalisant sur le message au lieu de nous focaliser sur nous-mêmes que nous pouvons gagner.

Focaliser son attention sur l’instant présent

Votre capacité à focaliser votre attention sur l’instant présent et à l’utiliser efficacement est la clé pour vaincre votre peur de parler en public.

Naturellement notre attention va avoir tendance à se détourner vers l’objectif que nous poursuivons : nous faire embaucher, gagner la vente, etc. Ce faisant, notre attention se détourne vers quelque chose que nous souhaitons, mais que nous ne contrôlons pas directement. Qui dit pas de contrôle dit danger, qui dit danger dit peur, qui dit peur dit mise en œuvre des artifices de l’Ego pour nous protéger.

Au lieu de cela, focalisez votre attention sur ce que vous pouvez faire à l’instant présent, sur les possibilités d’action. Cela peut être simplement expliquer le point suivant de votre présentation (vous avancez). Cela peut être vous arrêter quelques secondes pour vous assurer que tout le monde a bien compris, et que votre présentation va dans la bonne direction (vous vérifiez). Cela peut être vous rendre compte qu’il manque un message essentiel que vous allez devoir ajouter (vous improvisez). L’important est de vous focaliser sur les actions concrètes que vous pouvez faire maintenant. Qui dit action dit contrôle. Qui dit contrôle dit réduction du stress. Qui dit réduction du stress dit réduction des interférences de notre Ego.

Parfois vous allez sentir votre Ego détourner votre attention pour mettre en œuvre ses artifices. Heureusement, vous savez maintenant les reconnaître (voir partie 2 de cet article). Lorsque cela arrive, faites l’effort de retarder la réaction dictée par votre Ego. Surtout ne vous découragez pas si vous n’y arrivez pas tout de suite. Ne perdez pas d’énergie à vous auto-critiquer (je suis nul je n’y arrive pas). C’est simplement un résultat possible parmi d’autres. Focalisez votre attention sur les moyens de retarder les réactions de votre Ego.. Peut-être allez-vous vous rendre compte que vous aviez la phrase parfaite à ce moment. Ou qu’une métaphore aurait pu rendre votre explication limpide. Ou qu’une personne dans le public souhaitait poser une question à ce moment. Focaliser votre attention sur les possibilités vous donne bien plus de chances de réussir votre présentation. Focaliser votre attention sur vous-même va amplifier les crises de paniques générées par votre Ego.

Développer une posture d’observateur extérieur

Une excellente façon de tester si vous avez réellement accepté d’écouter votre Ego est le test de la caméra : acceptez d’être filmé pendant votre présentation. Ensuite regardez la vidéo en vous mettant dans la posture d’un observateur extérieur (imaginez-vous être votre propre coach bienveillant). Au lieu de simplement vous auto-critiquer (attitude négative, auto-centrée, amenant à un blocage mental), focalisez votre attention sur les possibilités concrètes que vous pouvez mettre en œuvre pour vous améliorer. Par exemple « oh mon dieu quel nul je me balance sans arrêt » est une critique qui ne vous fera pas progresser d’un iota. Dites-vous plutôt « ok, si je me balance, quelle action puis-je essayer pour m’améliorer ? Je vais essayer de fixer mon regard sur un point précis, ou je vais prendre quelques minutes pour simplement me poser sans bouger, ou je vais prendre 1 minute de ma présentation que je maîtrise parfaitement et focaliser mon attention sur ne pas bouger. »

N’hésitez pas à demander à une autre personne bienveillante de vous donner son avis, c’est un excellent moyen pour débusquer les artifices de notre Ego que nous ne voyons pas (ou n’avons pas trop envie de voir) !

Sortir de votre zone de confort… mais pas trop

Si vous restez dans votre zone de confort rien ne se passera, vous n’arriverez pas à changer et à vaincre votre peur. Mais si vous sortez trop hors de votre zone de confort le niveau de difficulté et de stress seront tellement élevés qu’ils bloqueront tout apprentissage efficace. Il faut donc y aller progressivement, en sortant de votre zone de confort à un niveau que vous pouvez supporter. Pour rendre l’apprentissage plus efficace, n’hésitez pas à découper les points à travailler et à en travailler un seul à la fois (par exemple, uniquement travailler le regard ou uniquement la vitesse d’élocution).

Petit à petit, votre zone de confort va s’agrandir (résultat souhaité), mais parfois également diminuer (résultat possible). Cela n’a pas d’importance, le principal est de continuer à travailler pour grandir.

Travailler le fond et la forme

N’oublions pas que simplement perdre sa peur de parler en public ne nous transforme pas en bon présentateur. J’avais un patron qui n’était jamais stressé lorsqu’il parlait en public et racontait à chaque fois n’importe quoi avec un grand sourire. Un bon présentateur travaille sur sa posture (attitude, maîtrise de la peur, etc.), le fond (messages, contenu) et la forme (storytelling, visuels, art oratoire). En retour, cela agrandira d’autant plus votre zone de confiance.

Enclencher le cercle vertueux

Plus votre zone de confort va s’agrandir, plus il vous sera facile de focaliser votre attention sur l’instant présent. Plus vous serez capable de focaliser votre attention là où vous le voulez, moins vous serez esclave de votre Ego. Moins vous serez esclave de votre Ego, plus votre zone de confort va s’agrandir. Vous voyez où je veux en venir ? C’est un cercle vertueux qui va se mettre en place.

Continuez à pratiquer et à vous entraîner pour agrandir le cercle vertueux. Si vous ne le faites pas, votre zone de confort va se rétrécir petit à petit. Mais… votre Ego ne va pas s’en apercevoir ! C’est ce qui se passe lorsque nous faisons une formation, en ressortons très content, et avons tout oublié un mois plus tard ; notre Ego continue de croire qu’il a appris, alors qu’en réalité il a rapidement tout oublié faute de pratique. Comme pour un sport, continuez de pratiquer régulièrement, c’est essentiel pour être au meilleur de votre forme !

Conclusion

Beaucoup de techniques de coaching pour maîtriser sa peur de présenter en public s’attaquent uniquement aux symptômes : bras croisés, position peu stable, … mais ne s’attaquent pas à la racine du problème. C’est ce que j’ai voulu faire ici, pour les personnes qui ne peuvent pas travailler avec un coach professionnel. Si vous pensiez trouver un article où je vous conseille de boire une bière et hop, la peur de présenter disparaît, vous devez être déçu. J’aurais pu faire comme beaucoup d’auteurs à succès, inventer « le truc secret pour perdre sa peur et devenir riche », mais si vous avez lu cet article jusqu’ici c’est que vous savez déjà que ce genre de méthode n’existe pas. Perdre sa peur de présenter en public demande du travail, et encore, je n’ai abordé ici que quelques facettes du travail nécessaire.

Est-ce que tout le monde peut maîtriser sa peur ? Honnêtement non, il y a une petite minorité de cas où cela dépend d’éléments sur lesquels un coach en présentation ne pourra pas, ne voudra pas ou ne devra pas intervenir ; un bon coach saura reconnaître ses limites et ne pas vouloir intervenir sur des éléments qui sortent de son domaine de compétence. Heureusement C’est très rare.

Devenir un bon orateur se résume pas à perdre sa peur de présenter en public. La maîtrise de l’art oratoire, du storytelling et des visuels sont également indispensables, mais c’est un très grand pas dans la bonne direction ! Comment savoir que vous avez réussi ? Vous ressentirez ce qu’on appelle le « flow », cet état où nous sommes au mieux de nos capacités, où tout semble être facile et venir naturellement.

C’est un travail qui peut demander de la patience. Ne vous découragez pas. Vous verrez, si vous appliquez cette méthode, petit à petit vous maîtriserez de plus en plus facilement votre peur de parler en public et vos présentations s’amélioreront grandement !

Comment vaincre sa peur de parler en public, partie 2 − démasquer les artifices de l'Ego

Dans la partie 1 de l’article nous avons vu pourquoi la peur de parler en public naît de notre Ego, de notre peur de l’échec et notre peur le l’inconnu.

Avant d’apprendre à maîtriser notre peur, nous devons d’abord démasquer notre Ego, apprendre à reconnaître les artifices que notre Ego met en œuvre pour nous dicter nos réactions. C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.

Démasquer les artifices de notre Ego

« Évidemment mon audition était pour le rôle de PC, ce qui m’a surpris, parce que j’allais avoir 35 ans — je me considérais toujours comme un jeune homme mince et branché de 24 ans. C’est l’exemple parfait du type d’image trompeuse que nous avons de nous-même. »

— John Hodgman

Cette citation est extraite de l’histoire du making of de la campagne Get a Mac (je suis un Mac, et je suis un PC). Je l’ai reprise ici car elle illustre parfaitement le décalage entre notre Ego et la réalité de qui nous sommes. John Hodgman se voyait encore comme mince, jeune et cool et pensait qu’il allait jouer le rôle de Mac, alors qu’il ressemblait déjà à un père de famille !

L’Ego est indispensable, puisque c’est grâce à lui que nous sommes qui nous sommes, et que nous pouvons bénéficier de l’expérience accumulée au fil de notre vie. Le problème, c’est lorsque l’Ego ne nous fait pas bénéficier de l’expérience accumulée, mais au contraire déploie ses artifices pour se protéger et nous empêche de progresser. Pour nous libérer de notre Ego, nous devons commencer par reconnaître ses artifices.

Artifice : faire du public un ennemi. C’est l’artifice principal utilisé par notre Ego face à un public. Puisqu’il se sent menacé lorsque nous devons parler en public, c’est que le public est forcément un ennemi ! Le public peut être objectivement hostile (vous êtes un patron qui va annoncer des licenciements aux représentants du personnel). Mais la plupart du temps cette sensation d’hostilité n’est en réalité qu’une interprétation erronée que nous nous faisons de notre peur. Le public est rarement notre ennemi. Et même lorsque c’est le cas, le traiter comme tel est la pire des solutions.

Artifice : accélérer pour en finir le plus vite possible. Puisqu’on est en situation de danger, une réaction logique de notre Ego est de nous faire accélérer pour en finir le plus vite possible. Fuir. Résultat, nous allons parler très, très vite, bouger sans arrêt, sans respirer, et nous allons finir épuisés face à un public qui n’aura même pas eu le temps d’écouter la première phrase !

Artifice : se couper du public. Face au stress du regard d’autrui, notre Ego peut prendre une mesure radicale : faire comme si le public n’existait pas, l’ignorer complètement, ne jamais le regarder. En résulte une présentation déconnectée du public, un orateur qui donne l’impression d’être dans sa bulle.

Artifice : dériver son stress en mouvements parasites : notre langage corporel et gestuel va réfléter de manière inconsciente notre peur : en croisant les bras devant nous, en nous faisant nous balancer de droite à gauche, etc.

Artifice : l’auto-critique négative. L’auto-critique négative est cette action qui consiste à nous dire « je ne suis vraiment pas doué ». L’Ego réaffirme son image, l’image que nous sommes mauvais en présentation. Ce faisant, notre attention est détournée par des sentiments négatifs et ne peut être utilisée pour donner le meilleur de nous-mêmes sur scène.

Artifice : se saboter (inconsciemment). Les personnes qui ont intégré dans leur Ego la notion qu’ils sont de mauvais présentateurs vont aller encore plus loin que l’auto-critique négative ; ils vont se saboter eux-mêmes, souvent inconsciemment, pour ne pas devoir changer leur Ego et préserver leur image de mauvais orateur ! Résultat : la présentation va être molle, ennuyeuse, sans énergie et sans conviction.

Artifice : refuser de se préparer. Refuser de se préparer, c’est repousser le moment où l’on doit affronter la douleur, et c’est évidemment une mauvaise solution. C’est également une excellente excuse pour notre Ego au cas où nous échouerions. À noter cependant que certaines personnes peuvent refuser de se préparer pour une autre raison (voir cette article), mais cette raison n’est pas valable non plus.

Artifice : s’entourer de courtisans. Pour protéger leur Ego (souvent démesuré) ces personnes vont s’entourer de courtisans qui vont les flatter et ainsi rassure leur Ego. Dommage, car le public lui ne sera pas dupe.

Cette liste est loin d’être exhaustive, mais elle donne un bon aperçu des techniques les plus fréquemment mises en œuvre par notre Ego pour se protéger.

Renoncer aux artifices de notre Ego

Maintenant vient l’étape la plus difficile : accepter que nous mettons en œuvre ces artifices, et y renoncer. Pour cela, prenez 2 minutes, et imaginez-vous en situation de présentation. Observez et notez les artifices que vous mettez en œuvre pour protéger votre Ego.

C’est fait ? Bravo, vous venez de démasquer les artifices que votre Ego met en œuvre pour se protéger !

Maintenant prenez deux minutes pour imaginer ce que vous ressentiriez si vous parliez du même sujet lors d’une simple conversation avec un groupe d’amis autour d’un verre.

Vous voyez la différence ? Avec des amis, dans une situation sans peur du jugement, beaucoup de ces artifices disparaissent naturellement. Les mots qui semblent venir péniblement face à un public viennent plus naturellement et sans efforts avec des amis. C’est mieux… mais si vous regardez bien votre comportement avec un groupe d’amis vous constaterez que vous continuez de mettre en œuvre des artifices pour protéger votre Ego qui perturbent votre capacité à communiquer efficacement. C’est bien, mais ce n’est pas encore parfait. L’objectif est d’arriver à une situation où l’Ego ne dicte plus votre conduite face au public.

La bonne nouvelle, c’est que maintenant que notre Ego est démasqué, que nous connaissons ses artifices, nous sommes désormais prêts à apprendre à changer notre relation avec le public. et à focaliser notre attention sur notre présentation plutôt que sur notre peur. C’est ce que nous verrons dans la troisième partie de cet article : faire le choix de grandir.

Comment vaincre sa peur de présenter en public, partie 1 - Pourquoi avons-nous peur ?

Avez-vous peur de présenter devant un public ? Avez-vous cette sensation de trac incontrôlable, la boule qui monte dans la gorge, la respiration qui se bloque ? J’ai une bonne nouvelle pour vous : on peut y remédier et maîtriser sa peur ! C’est ce que je fais durant les séances de coaching avec mes clients, mais tout le monde n’a pas la possibilité de suivre un tel coaching. C’est pourquoi je vais partager avec vous dans cette série d’articles pourquoi nous avons peur de présenter en public et comment y remédier, que ce soit pour une présentation en entreprise, pour une soutenance en école, ou pour toute autre occasion.

Ne pas avoir peur ne signifie pas bien présenter… Et inversément !!!

Avant d’aller plus loin, une remarque très importante. Seuls les inconscients ne ressentent aucune peur à l’idée de présenter en public. Ce sont ces personnes qui sont très à l’aise sur scène, même trop à l’aise, mais font et racontent n’importe quoi. Ça peut être utile pour faire de la télé-réalité sur TF1 mais ce n’est pas l’objectif de cet article. Ne pas avoir peur de présenter parce qu’on est trop ignorant pour se rendre compte de son incompétence est encore pire que d’avoir peur. Un vrai bon présentateur combinera toujours connaissance du fond, connaissance des techniques de présentation et connaissance de soi. Les meilleurs présentateurs sont arrivés à une telle maîtrise de ces trois éléments qu’ils peuvent les appliquer automatiquement, de manière intuitive, sans devoir y penser, comme des athlètes bien entraînés.

Pourquoi avons-nous peur de présenter en public ?

Pourquoi ressentons-nous une peur tellement forte à l’idée de présenter face à un public ? Parce que la peur de présenter en public est liée à notre instinct de survie, et donc à la peur de mourir. Pourtant, et c’est encore une bonne nouvelle, nous n’allons pas mourir même si nous faisons la pire présentation du monde. Nous n’aurons même pas une égratignure. Sur l’échelle des dangers mortels présenter en public est moins dangereux que manger une frite, mais ! Mais attention, le risque de blessure est bien réel, pas pour notre corps, mais pour notre Ego. Là se situe toute la subtilité : notre peur n’est pas celle de la mort physique mais celle de la mort « symbolique » générée par notre Ego. Pourtant, notre ressenti et nos réactions vont être similaires. Pourquoi ? Parce que nous allons activer les mêmes mécanismes de défense face à un danger « symbolique » et face à un danger physique : nous défendre, fuir ou faire le mort.

Le problème, c’est que si ces réactions instinctives sont efficaces pour ne pas se faire manger par un prédateur, elles sont catastrophiques en situation de présentation. Le public n’a pas envie de voir quelqu’un les agresser par auto-défense, fuir de la scène ou carrément faire le mort ! Et surtout, tout part d’un malentendu. Le public n’est pas votre ennemi. Dans cette situation, votre véritable ennemi, c’est votre Ego.

En savoir plus sur notre Ego

Qu’est-ce que c’est que cet Ego à la noix qui s’amuse à nous terroriser ? Qui est-il pour se permettre comme ça de nous faire passer un si mauvais moment ? L’Ego, c’est l’image mentale que nous construisons de nous-mêmes, de qui nous croyons ou voudrions être sur base de nos valeurs et de nos expériences de vie. Par exemple la musique que nous aimons fait partie de notre Ego. Ou plutôt non, notre Ego s’est construit sur la musique que nous avons choisi consciemment ou inconsciemment d’aimer à un moment de notre vie. Mais au fil du temps, la relation que nous avons avec notre Ego change. Nous ne construisons plus notre Ego, c’est lui qui nous dicte notre conduite. Notre Ego fige l’image que nous avons de nous-mêmes. Nous devenons réellement incapables d’aimer le rock, le rap ou la musique classique parce que notre Ego refuse de changer (attention, le premier qui me dit que j’écoute de la musique de vieux con se prend une baffe ! Oh, tiens, c’est mon Ego qui me dicte ma conduite).

L’Ego va alors tout faire pour protéger l’intégrité de l’image que nous nous sommes construite de nous-mêmes. C’est normal, avoir un Ego solide est sain et indispensable. Mais en voulant se protéger l’Ego va déclencher nos mécanismes naturels de défense : se battre, fuir ou faire le mort, les mêmes réactions qu’en situation de danger physique.

Cela explique pourquoi notre peur est si forte lors d’une présentation. Notre Ego déploie de nombreux artifices pour protéger l’image qu’il se fait de lui-même. En effet, face au regard et au jugement du public, il se sent « nu », dans une situation de menace ultime ! Il est terrorisé à l’idée que l’image renvoyée par le public ne corresponde pas à l’image de nous-mêmes que nous nous sommes construite au fil du temps. Il déclenche alors le niveau d’alerte maximum, ce qui se traduit concrètement par un stress extrême, et une envie de se battre (le présentateur devient trop agressif), fuir (le présentateur marche et parle très rapidement, comme quelqu’un qui veut fuir la scène) ou faire le mort (le présentateur est mou, amorphe, sans conviction, sans intonation).

Deux autres raisons liées à notre instinct de survie poussent notre Ego à se protéger. La première est la peur de l’échec, un sentiment renforcé tout au long de notre vie par la stigmatisation de l’échec lors de notre apprentissage. La deuxième est la peur de l’inconnu qui va nous faire descendre dans le « terrier du lapin » comme disent les américains : notre cerveau va se mettre à imaginer tous les scénarios catastrophe possibles (est-ce que j’ai bien attaché mon pantalon, mon dieu que va penser mon patron si je rate, je vais avoir l’air ridicule sur scène, et cætera et cætera).

Aussi bizarre que cela puisse paraître, l’objectif de notre Ego étant de préserver l’image que nous nous faisons de nous-mêmes, il peut également nous empêcher de grandir et de nous améliorer ; c’est ce qui se passe lorsque les personnes qui ne se croient pas capables de s’améliorer se sabotent elles-mêmes. Pourtant une chose est certaine : quel que soit votre niveau actuel en présentation, vous pouvez vous améliorer !

Dans le meilleur des cas notre Ego aura eu le temps d’accumuler suffisamment d’images positives (sur notre capacité de présenter en public) avant de se figer ; c’est le cas des orateurs qui maîtrisent leur peur de présenter en public. À l’opposé dans le pire des cas l’image négative que nous avons intégrée dans notre Ego sera tellement figée qu’il nous sera impossible de la changer, et qu’elle déclenchera un mécanisme d’auto-sabotage à chaque fois que nous présentons.

Remettre ce petit con d’Ego à sa place

Voilà maintenant la vraie bonne nouvelle : pour maîtriser sa peur de parler en public, il suffit d’apprendre à remettre ce petit con d’Ego à sa place ! Ce n’est pas à lui de nous dicter ce que nous devons ressentir face au public. Parce que c’est très désagréable pour nous comme pour le public, inapproprié car cela ne fait que dégrader la qualité de la présentation, et même contre-productif car il risque de saboter notre volonté de progresser.

C’est le secret. Pour perdre notre peur de présenter en public, nous allons arrêter de focaliser notre attention sur notre Ego car c’est lui qui nous fait percevoir le public comme notre ennemi et nous impose toutes ces réactions inappropriées (se défendre, fuir ou faire le mort). Et lorsque nous arrêtons de l’écouter nous pouvons alors changer notre relation entre nous et le public, adopter une posture d’échange au lieu d’une posture de conflit. Restent la peur de l’échec qui pourra être maîtrisée en se préparant bien, et la peur de l’inconnu, qui pourra être maîtrisée en apprenant à se focaliser sur l’instant présent et sur les actions possibles.

Comment arrêter de subir notre Ego ? Pour cela nous devons d’abord le démasquer, apprendre à reconnaître les artifices qu’il met en œuvre pour nous diriger sans jamais se montrer. C’est ce que nous verrons dans la deuxième partie de cet article.

Comment j'ai vaincu mon blocage du blogging

Ce blog existe depuis août 2008. Si vous êtes un ancien lecteur, vous avez dû remarquer qu’il est passé par différentes phases. En mode « Pierre découvre le blogging » au début avec plusieurs articles par semaine, puis look sapin de noël avec des tas de rubriques colorées, pour finir aujourd’hui sur un format qui me convient bien. Simple, avec une mise en valeur du texte et peu d’images. Mais surtout vous avez dû remarquer que depuis août 2016 je suis beaucoup plus assidu et régulier ; je poste exactement un article chaque lundi, alors que ces dernières années c’était plutôt un article tous les six mois. Comment ai-je fait pour recommencer à écrire régulièrement et vaincre mon blocage de l’écriture ? C’est dû à trois trucs tout simples.

Premièrement j’ai réduit la « friction » liée à l’activité de blogging. Depuis que j’ai viré WordPress et adopté Hugo mon processus d’écriture et de publication des articles est devenu beaucoup plus rapide et agréable, ce qui enlève un gros frein à l’écriture. Par exemple je ne dois plus passer de temps à vérifier que les plugins WordPress sont à jour, à me battre avec les problèmes de compatibilité, etc.

Deuxièmement, je publie régulièrement mais je n’écris pas régulièrement. J’écris par vague d’inspiration, et je peux rester des semaines entières sans rien écrire. Mais lorsque la vague vient, j’écris plusieurs articles d’un coup. J’ai par exemple profité de mes vacances de juillet pour écrire plus d’une vingtaine d’articles. J’ai donc un paquet d’articles plus ou moins finalisés en réserve (cet article a par exemple été écrit le 10 décembre) et je les publie au fil de l’eau chaque lundi. Pour l’instant cette méthode s’est avérée très efficace pour moi, car elle supprime complètement l’angoisse de la page blanche. Résultat, j’ai publié le même nombre d’articles entre août 2016 et décembre 2016 (cinq mois) qu’entre mai 2012 et juillet 2016 (quatre ans) !

Ça ne veut pas dire que j’arriverai à maintenir ce rythme à long terme. 1 article par semaine pendant 10 ans, cela représenterait au total 520 articles. Mais au fond ça n’a pas d’importance ! Et c’est la troisième raison pour laquelle j’écris plus facilement : j’ai arrêté de me poser des questions inutiles. Je me fiche complètement d’arriver à maintenir ou non mon calendrier hebdomadaire de publication. Peu importe si un article ne rentre pas dans la ligne éditoriale. Je prends juste plaisir à écrire lorsque l’inspiration me vient, et finalement c’est bien ça qui compte !

LE Game Boy : Eve-Lise Blanc Deleuze, ex-porte-parole de Nintendo France, répond !

La question du sexe de la première console portable de Nintendo divise la France depuis vingt-huit ans (j’ai mal rien qu’en écrivant ces mots). J’ai humblement apporté ma pierre à l’édifice de ce grand débat il y a quelques mois, en envoyant un courrier au service com’ de Nintendo France, qui m’avait, ô surprise, très officiellement répondu. J’ai posté sur Twitter sa réponse, restée depuis (et de très loin) mon top tweet :

Et quand vous dites le Game Boy, il y aura toujours quelqu’un pour vous reprendre en vous expliquant que l’usage veut qu’on dise UNE Game Boy, et vice-versa.

Game Boy Grey Model

Pourtant, Nintendo France a toujours été clair là-dessus, et mon copain Pierre Dandumont du Blog du Lapin a lancé le site (enfin la page) legameboy.info expliquant pourquoi il faut dire LE Game Boy (ça marche aussi pour les versions Advance, SP, Micro), et ça se vérifie encore très bien sur le site de l’histoire de Nintendo chez Nintendo France. Donc, il faut techniquement dire :

– LE Game Boy, LE Nintendo. Entertainment System, LE Nintendo GameCube ;

– Mais LA Super Nintendo, LA Nintendo 64, LA Wii, LA Wii U…

Et comme j’ai voulu en savoir plus sur ce choix, je me suis dit qu’il serait intéressant de demander plus d’informations à des personnes impliquées à l’époque des débuts de Nintendo en France… Et qui de mieux placé que la superstar de la com’ de Nintendo dans les années 90, à savoir, Eve-Lise Blanc-Deleuze ? Tour à tour Responsable Marketing de Bandai (importateur du N.E.S.)  puis Nintendo France, responsable de la communication et  Directrice de la Communication – Porte parole de la société, elle a été pendant longtemps été sa figure de proue, présente dans tous les médias. C’est en particulier à elle qu’on doit entre autres le fameux magazine du Club Nintendo ! Je vous conseille d’ailleurs d’écouter la passionnante émission sur l’arrivée du N.E.S. en France dans le podcast de MO5.com.

Donc, grâce à la magie de Linkedin, rien de plus simple que de retrouver Mme Blanc-Deleuze… Et elle a accepté avec gentillesse de répondre à mes questions :

Bon, alors pour faire simple : on doit dire « Le Game Boy », c’est sûr et certain (doc, pubs, etc, j’ai même un courrier de Nintendo qui l’atteste).  Mais malgré tout les gens se déchirent sur le sujet, des millions de joueurs disant « La Game Boy ». Donc 2 questions :

– Pourquoi avoir poussé à l’époque « Le Game Boy » plutôt que « La Game Boy » ? Tout comme le N.E.S. ?

– Qui est donc le coupable dans cette affaire ? :-D  

Merci en tout cas pour m’avoir répondu, et si la question vous saoûle parce qu’elle fait partie d’un passé que vous n’avez pas envie de déterrer, pas de souci :-) 

Et voici donc la réponse de Mme Blanc-Deleuze :

Elle ne me saoule pas, elle m’amuse.  LA Game Boy, comme LA NES, la version féminine vient de LA console.  LE Game Boy, LE NES, version masculine donc, vient de LE boy, et LE System.  Pourquoi avoir choisi LE ? je ne suis même pas sure que ce soit un choix délibéré :-)  Traduction littérale sans aucun doute.  Pour info à l’époque, les joueurs étaient essentiellement des ados prépubères de sexe masculin ! Ça a peut être inconsciemment joué ;-))

Je vous laisse juge sur le dernier point :) Mais le choix des mots est effectivement intéressant : plutôt que LA console, c’est LE système de Nintendo Entertainment System qui a joué, tout comme le fait qu’il s’agisse d’un « BOY » dans le Game Boy (Captain Obvious à la rescousse !).

Voilà, moi j’ai fait le max pour expliquer pourquoi c’est LE Game Boy, et pas LA. Mais promis : je ne vous emmerbêterai plus avec ça. Si vous dites LA, je ne vous reprendrai plus (même si je sais pertinemment que vous avez tort). L’usage est fort, il l’a peut-être emporté sur la raison, et ce n’est pas dramatique. Il y a bien d’autres bonnes (et mauvaises) raisons de s’engueuler dans le monde.

Demain, je m’attaque à « pain au chocolat ou chocolatine ». Ou je jouerai à la/le Game Boy. On verra bien.

Internet et la démocratie en 2017

2016 s’en va. Perçu comme une année pourrie par beaucoup, il ne faut pas oublier la chance que nous avons de vivre à notre époque. Nous n’avons pas connu de véritable guerre depuis des décennies grâce à l’Europe, et rien que pour ça le projet européen valait la peine. Nous vivons plus longtemps que jamais. Si nos ancêtres voyaient le confort matériel et la liberté dont nous jouissons aujourd’hui, ils se demanderaient si nous ne sommes pas un peu fous de nous plaindre autant, et ils auraient raison.

Mais tout cela c’est du passé, 2017 est là, et j’ai 23 ans d’Internet. C’est en 1994 que j’ai créé mon premier site, pour un petit magazine d’escalade local. À l’époque j’avais créé l’image pixel par pixel dans MacPaint sur l’écran noir et blanc de mon PowerBook Duo 2101, car les écrans couleur coûtaient trop cher. En 1994, Internet c’était l’outil de liberté ultime. Un outil qui allait révolutionner le partage de la connaissance. Un outil qui allait offrir des opportunités incroyables.

C’est vrai, Internet a révolutionné l’accès à la connaissance. Rien que pour faire une recherche documentaire, ce qui prenait plusieurs jours avant ne prend plus que quelques secondes. La quantité d’information, bonne et moins bonne, accessible sur tous les sujets est phénoménale.

C’est vrai aussi qu’Internet a apporté des opportunités incroyables. Internet est essentiel au fonctionnement de mon entreprise actuelle, et a révolutionné tous les secteurs d’activité. C’est plus rapide d’envoyer un document de 1000 pages à Jakarta que d’aller acheter un pain à la boulangerie du coin.

Mais pour la liberté, c’est raté. Enfin, si je regarde le verre à moitié plein, c’est à moitié raté.

Au lieu d’apporter plus de liberté, Internet a rendu possible l’automatisation de la surveillance de masse par les gouvernements. Fini la blague de croire que Twitter était un outil qui allait aider les révolutionnaires à renverser les dictatures et à apporter la démocratie dans leur pays ; lorsque Twitter a été utilisé pour manifester dans les démocraties, l’oiseau a rapidement arrêté de chanter et les protestataires ont vite déchanté. Très vite les dictatures ont appris à ne laisser passer sur Internet que ce qu’elles souhaitaient. Aujourd’hui ce sont les démocraties qui veulent définir ce qui est acceptable ou non. Fini l’illusion que nos données sont plus sécurisées dans le Cloud que chez nous. Apple reçoit la liste complète des appels téléphoniques émis et reçus sur votre iPhone lorsque celui-ci est connecté à un compte iCloud. La NSA a un accès pratiquement illimité à nos documents stockés sur Dropbox et OneDrive. Skype a été modifié par Microsoft pour mettre les conversations sur écoute. Mieux, les informations dont ne disposent pas les services de renseignement, nous les postons nous-mêmes avec entrain sur Facebook et Twitter (la NSA connaît donc mon goût pour le Mac et les dessins animés japonais des années 80).

Combinée à un affaiblissement progressif de la constitution et des principes démocratiques, cette capacité à surveiller les citoyens en masse doit nous alarmer. Imaginons que demain une base centralisée des citoyens se mette en place, sous le bon vieux prétexte de la sécurité, et qu’elle soit reliée à tout ce que nous disons et faisons sur Internet. Grâce à la géolocalisation, les gouvernements pourront savoir exactement où nous sommes à n’importe quel moment de la journée, ce que nous faisons, ce que nous pensons. Et imaginons qu’un gouvernement Néo-Nazi arrive au pouvoir. Nous leur aurions nous-mêmes donné le moyen d’enterrer la démocratie.

Heureusement ce n’est pas inéluctable. Mais nous devons nous battre, dès maintenant, avec le clavier. Battons-nous en 2017 contre la montée de l’extrémisme, en votant et en aidant les gens qui en ont besoin. Battons-nous contre la montée en puissance des outils de surveillance anticonstitutionnels, en adoptant les outils sécurisés. En 2017, battons-nous pour la liberté, sans oublier l’égalité et la fraternité.


  1. Pour moi il est toujours resté un PowerBook Mono, parce que le dock coûtait trop cher. Mais j’avais une chance incroyable d’avoir cet ordinateur portable ! [return]